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Instant interview à la chapelle du Genêteil

Par Lison Boulain, le 30 septembre 2021

Interview d’Antoine Avignon, chargé des publics et de l’action culturelle au Carré

 

 

Peux-tu te présenter et présenter l’endroit où nous sommes ? 

Je suis Antoine Avignon, chargé des publics et de l’action culturelle au Carré, qui est à la fois scène nationale et centre d’art contemporain à l’international. On se retrouve dans le lieu d’exposition du Carré qui est la chapelle du Genêteil. Cela fait à peu près 25 ans que c’est un lieu d’exposition permanent.

 


Comment est venue l’idée de faire un centre d’art contemporain au sein de cette chapelle? 

Il y avait déjà des expositions avant cela, assez ponctuellement, et pas forcément orientées arts contemporain. Mon collègue qui fait la programmation, Bertrand Godot, a mis en place une programmation annuelle dans ce lieu. Dans cette chapelle, on n’est pas dans une galerie d’art classique avec les murs blancs, etc. Il y a un volume de 300 m2 au sol et 10 mètres sous poutres de hauteur. C’est un espace qui se réfléchit. Avec les artistes, l’idée est de produire, d’être dans de la création. Et cette création tient quasiment tout le temps compte du lieu. Il y a vraiment un échange, un dialogue entre cette chapelle et les artistes qui sont invités.

 

 

Les artistes exposés à la chapelle doivent-ils obligatoirement prendre en compte le lieu ? 

Ce n’est pas une obligation, mais on réfléchit à la façon d’accrocher. Même si des œuvres sont déjà existantes,  il y a toujours un dispositif qui fait qu’ on va présenter les choses d’une certaine manière. Je pense à Béatrice Cussol qu’on avait présentée. Les œuvres existaient déjà. On a produit quelques encadrements, mais il fallait réfléchir à une façon différente de montrer les choses sans accrocher aux murs. On n’accroche jamais les œuvres sur des grilles ou avec des cimaises classiques d’expo. On utilise des blocs modulables pour modifier l’espace. On connaît les qualités et les défauts du lieu et c’est un échange avec les artistes. Certains ont déjà un projet très précis en tête par rapport à l’espace et puis parfois cela se fait au moment du montage; il y a des idées qui arrivent. C’est le cas de l’exposition actuelle de Makiko Furuichi avec le mur en triptyque.

 

 

En effet, les visiteurs peuvent venir voir l’exposition Makiko Furuichi “Rêverie détrempée” dans la chapelle. Pouvez-vous nous résumer son travail?

On est beaucoup dans le végétal, dans le floral. Il y a un grand rideau qui fait 10 mètres par 12 qu’elle a réalisé sur place. Elle a peint le rideau entièrement avec la même peinture qui est utilisée pour la peinture sur soie. Une peinture qui est très liquide. Un rideau qui coupe l’espace en deux et qui en même temps s’ouvre avec deux sculptures mains sur le reste de l’exposition. En premier plan, on a une sorte de tente, tipi qui vient d’être acquise par le Frac des Pays de la Loire. Ce sont des tissus imprimés. C’est une sorte de temple, de refuge qui évoque l’enfance. À l’intérieur, on voit une sorte de personnage qui n’est pas forcément rassurant. Il y a un équilibre entre les éléments joyeux et puis quelque chose de plus inquiétant dans son travail. Ensuite, on a donc ce mur triptyque avec des peintures, des aquarelles principalement de différentes sortes, beaucoup ont été faites sur place. Et puis il y a le le mur du fond, qui est un travail in situ qu’elle a fait pendant une semaine à peu près, qui est inspiré d’une peinture de Rubens. Elle a fait sa propre version de l’Assomption de la Vierge. Là, on est complètement dans une œuvre qui est aux dimensions de la chapelle et qui à la même forme que la peinture originale de Rubens. Il y a un jeu avec le lieu où certaines personnes pensent que c’était déjà là. On découvre qu’il y a quelques détails et une façon de peindre qui est propre à Makiko.

 

 

Avez-vous souvenir que ce lieu d’exposition ait fait débat au moment de sa création ? 

Je n’en ai pas souvenir. Il y a toujours des réactions, mais c’est un lieu qui est désacralisé. C’est un lieu qui a servi, dans son passé, à plein d’autres utilisations. Je connais des gens qui ont passé leur BAC ici. Elle a servi de casernement pendant la Révolution Française. Elle a eu plein de vies différentes. Cela peut arriver que des gens s’offusquent aujourd’hui, quel que soit ce que l’on va montrer, d’ailleurs. Dans l’ensemble, l’utilisation de la chapelle comme lieu d’exposition pour de l’art contemporain est plutôt rentrée dans une habitude. 

 

 

Sources :

  • Photos de l’exposition – Antoine Avignon
  • Portrait Makiko Furuichi à Toulon – Instagram de Makiko Furuichi
  • L’Assomption de la Vierge par Rubens – Wikipedia