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Le tour de France mémoriel

Par Alexandre Barrand, le 06/07/2021

 

Cet été, partez explorer l’Histoire de France sous un angle différent: le tourisme de mémoire. Découvrez les lieux de notre territoire marqués par des événements tragiques et/ou glorieux qui ont forgé notre histoire et sont inscrits dans notre mémoire collective. 

 

Marchez sur les pas de Napoléon

 

Exilé sur l’île d’Elbe (Italie) en 1814, Napoléon Bonaparte souhaitait revenir au pouvoir. C’est ainsi qu’il repartit avec ses fidèles, le 1er mars 1815, à la conquête de Paris. Il débarqua en France à Golfe-Juan, près de Cannes, d’où il gagna Lyon en passant par les montagnes pour échapper aux royalistes. La Route Napoléon compte plus de 300 kilomètres (parcourus en 6 jours), entre Golfe Juan et Grenoble, en passant par Grasse, Digne et enfin Gap. Napoléon a parcouru cette route en six jours. En suivant cette route transrégionale, vous découvrirez la Côte d’Azur, la Provence et les Alpes sous un angle complètement différent, d’autant plus symbolique en ce bicentenaire de la mort de l’empereur qui marqua à jamais l’histoire de la France et de l’Europe. 

Sur votre route, nous vous proposons une halte au Château des Salles, une charmante bastide du XVIIIe près de Draguignan proposant de superbes chambres d’hôtes disponibles sur notre plateforme !

 

Les plages du débarquement

 

Les plages du débarquement sont un incontournable des lieux à voir lors d’un séjour en Normandie. C’est sur cette côte de 80 km de long, s’étendant de la base du Cotentin à Ouistreham, que s’élancèrent les armées alliées le 6 juin 1944 au petit matin, pour libérer l’Europe du joug nazi. Parmi les musées et sites incontournables, nous vous conseillons la Pointe du Hoc (batterie d’artillerie et haut lieu de résistance allemande), Arromanches (musée sur le port artificiel allié), le cimetière américain de Colleville-sur-Mer, le mémorial de Caen (musée sur le débarquement et la bataille de Normandie), ou encore le mémorial de Pegasus Bridge (musée sur le débarquement aéroporté). Cette escapade sera également l’occasion de découvrir le ravissant bocage normand (tant redouté par les alliés, car propice aux embuscades ennemies !), et ses villages qui ont gardé leur charme grâce à des reconstructions exemplaires. 

Pour vous loger, nous vous conseillons les différentes gîtes du château de Gonneville, à quelques km de la plage d’Utah Beach. 

Redécouvrir la première guerre mondiale sous un angle patrimonial

 

Tout le Nord-Est de la France a été lourdement marqué par les combats de la Grande Guerre, et les paysages encore aujourd’hui dévastés de la région de Verdun ou les immenses cimetières du Nord témoignent mieux que tout texte descriptif de la violence de ces faits. Mais au-delà des paysages et des hommes, c’est également le patrimoine qui a été touché. 

Des monuments emblématiques ont alors été démolis ou grandement endommagés, pour le plus grand malheur des habitants. Parmi les grandes villes touchées, on pense par exemple à Reims. Dès le début de la guerre, la capitale champenoise a été bombardée par l’armée allemande puisqu’elle constituait un verrou majeur sur la route vers Paris. Le 19 septembre 1914 à 7h30 un premier obus allemand tombe sur la cathédrale, provoquant un départ d’incendie. Celui-ci, amplifié par la paille prévue pour accueillir les blessés de guerre, ravagea pendant de longues heures l’édifice, détruisant entièrement la charpente et une partie des élévations. Cette dramatique destruction provoqua une indignation dans le monde entier. Après la guerre, un long travail de reconstruction (20 ans !) commence alors, afin de lui rendre sa grandeur d’antan. Le choix fait pour cette reconstruction fut de rester fidèle à son apparence gothique d’origine, tout en y apportant des nouveautés techniques. En effet, la crainte d’un nouvel incendie entraina la décision de construire une charpente non pas en bois mais en béton armé. La cathédrale de Reims est ainsi un bel exemple de détermination pour sauver le patrimoine et le faire perdurer pour les générations futures. 

A l’emplacement du champ de bataille du Chemin des Dames, dans l’Aisne, il existait avant la guerre plus de 250 châteaux. Mais la violence des combats, notamment ceux de l’offensive Nivelle de 1917, entraina la destruction partielle ou totale d’un grand nombre d’entre eux, et seuls 70 furent reconstruits. L’un d’entre eux est un exemple original de reconstruction d’après-guerre. En effet, il existait auparavant sur la commune de Chevrigny le château des Chaînées. Celui-ci avait été construit au début du XVIIIème siècle, et traversa les âges sans trop de difficultés jusqu’à la veille de la guerre. Malheureusement, il ne fut pas épargné par l’extraordinaire violence des combats du Chemin des Dames, tout comme la totalité des terres boisées alentour. Du château, il ne restait à l’armistice que l’escalier central, trônant au milieu d’un paysage de ruines et de désolation. Les propriétaires décidèrent alors de construire 300 mètres plus haut un nouveau château dans un style extrêmement moderne. Imaginé par  l’architecte parisien Paul Robine, ses travaux commencent en 1924, en partie financés par les dommages de guerre. Comme l’expliquent les actuels propriétaires, “si de nombreux châteaux du chemin des dames furent reconstruits dans des styles pastichant ceux des XVIII et XIXème siècles, le parti retenu fut de reconstruire une bâtisse à la mode du jour dans un style proche des mouvements Art & Crafts et Art déco, en briques jaunes de faible cuisson avec des motifs décoratifs en damiers de briques rouges. Construit sur quatre niveaux sous combles, l’édifice est composé d’un corps central auquel s’adjoignent deux ailes positionnées à 135° et deux pavillons carrés incorporés de chaque côté du corps central. Réduits par la guerre, les moyens dont disposent les propriétaires ne sont sans doute plus ceux de l’avant-guerre : il s’agit donc de faire simple, avec des matériaux plus modestes, moins nobles que ceux d’un château traditionnel.
Le château des Chaînées a fait l’objet d’importantes restaurations ces dernières années grâce à l’investissement des nouveaux propriétaires passionnés, ayant à cœur de faire valoriser ce patrimoine méconnu de la reconstruction d’après-guerre. Ces travaux ont été récompensés en 2020 par le prix Patrimoine du XXe siècle décerné par les Vieilles Maisons Françaises. 

Pour découvrir les sites de mémoire des champs de bataille dans l’Aisne, nous vous conseillons les chambres d’hôtes du Domaine Le Parc, disponible sur notre plateforme ! 

 

Crédits photos :

  • Route Napoléon : © Stephan Corporon
  • Cimetière de Colleville-sur-Mer : © W. Buedel
  • Ancien château des Chaînées : © Château des Chaînées
  • Nouveau château des Châinées : © VMF