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De l’art d’habiter le Sud-Ouest : à la découverte de ses maisons typiques

Par Maylis d’Amade, le 23 juin 2021, 

 

Confit de canard, Peña Baiona, chocolatine, rugby, foie gras, espadrilles, voilà qui résume assez communément le Sud-Ouest, cette région ensoleillée de la France et destination préférée des Français. Pourtant ce paysage de l’hexagone est aussi riche de patrimoine bâti, des maisons typiques, témoins d’une histoire passée, de savoir-faire et d’une identité particulière.

Alma Heritage vous propose d’en découvrir un peu plus sur ces symboles de l’architecture du Sud-Ouest.

 
 
 

L’échoppe bordelaise

 

 

C’est à Bordeaux que l’on retrouve ces fameuses maisons désormais très convoitées sur le marché de l’immobilier. Construites de plain-pied, les échoppes, choppe ou choppa étaient originellement des appentis en bois destinés à accueillir la population ouvrière et commerçante de la ville. Elles séparaient la rue du jardin potager, créé en longueur, permettant aux familles une quasi autosuffisance.

 

Une vraie ambiance familiale et bouillonnante de vie régnait alors depuis la création de ces maisons. Portes grandes ouvertes laissant charrier les flots d’enfants jouant dans les rues, les plus vieux discutant dans les embrasures et le rideau en perles de bois tinter aux rares courants d’air.

 

Aujourd’hui, l’échoppe bordelaise est une maison souvent bâtie en pierre de taille, sur un seul niveau. Simples ou doubles, les échoppes arborent des façades plus ou moins ouvragées, laissant apparaître les soupiraux où l’on faisait passer le charbon. A l’intérieur, toujours le même aménagement : un couloir central desservant quatre à six pièces en enfilade. On compterait actuellement près de 15 000 échoppes réparties dans les quartiers du Bouscat, de Caudéran, Nansouty, Talence et Saint-Augustin !

 
 
 

Les Arcachonnaises

 

 

Arcachon regorge de villas toutes plus extravagantes les unes que les autres, des villas aux noms charmants : Athéna, Alexandre Dumas, Burgundia, Calypso, Narcisse… Station balnéaire huppée depuis sa construction, la ville est avant tout une ville découpée en quartiers en fonction des quatre saisons.

 

Ville d’Hiver, du Printemps, de l’Eté et de l’Automne, Arcachon offre une palette de villas aux nuances colorées oscillant principalement entre le rouge, le jaune, le bleu et le vert. La Ville d’Hiver est aujourd’hui le quartier le plus riche en Arcachonnaises. Les hivernants, amateurs d’architecture mauresque ont presque tous construit leur maison orientée plein sud, avec des alternances de pierres blanches, de briques et de bois ouvragé.

 
 
 

Découvrez en un peu plus dans cette infographie !

 
 

 

Les maisons basques

 
 

Direction la Côte des Basques et ses splendides “Etxe” ! Rouges et à colombage, ces grandes bâtisses blanches donnent au Pays Basque un supplément d’âme. Blanchies à la chaux, ces maisons sont la pierre angulaire de chaque génération de Basques. Une fierté d’abord, un nom ensuite pour ceux dont la transmission y est le point central de leur unité familiale.

 

Là, dans ce pays de montagne et de pâturages, rares sont ceux qui se font appeler par leur nom de famille. Ici on est nommé en fonction du nom de sa maison. Une caractéristique patrimoniale mais avant tout une fierté pour le peuple basque qui fait de ces habitations le ciment de leur société.

 

Ossatures en bois autrefois enduites de sang de bœuf reconnu pour combattre les moisissures, le rouge continue d’être La couleur de ces maisons. De rouges Labourdines, celles où se confondent les cordées de piments séchant au soleil, témoin du travail, celui qui donne à la main une identité supplémentaire.

 

 

 

L’ostau ou la maison landaise

 

Au cœur du terroir landais, se cachent ces merveilles d’une architecture authentique, témoin d’une histoire, celle de la lande et de ces hommes et femmes qui ont travaillé la terre pour construire à leur image la fierté de leur vie.

 

Fondées sur des colombages bruts que les charpentiers installaient en tronc plein, les bâtisses landaises sont faites de torchis, de paille et d’argile et abritaient plusieurs générations : aïeux, fils, épouses, petits enfants. Tous réunis dans la grande salle centrale dotée d’une cheminée, un âtre réconfortant face à la rudesse de l’hiver.

 

Rustique, l’ostau était entouré d’annexes : grange, séchoir, chai, toutes éloignées les unes des autres pour éviter la propagation d’incendies.

 

 
 

La maison capcazalière

 
 

Cap signifie tête ou chef du latin caput et caza, habitation. On en déduit donc que cette appellation renvoie à l’importance des occupants de la maison capcazalière. Bâtie exposée aux regards, la maison capcazalière traduit une distinction sociale contrairement à l’ostau, cachée et peu ornementée notamment par ses murs aveugles.

 

Pour les familles plus aisées, la maison capcazalière se distingue de la simple ferme landaise (ostau) par des fondations et murs plus robustes. Véritables demeures de maîtres, on dit que certaines ont été construites sous l’occupation romaine comme en témoignent certains ornements empruntés à l’Antiquité : rinceaux feuillagés, balustres, glyphes…

 

Aujourd’hui, la maison capcazalière subit les trop nombreux remaniements dû aux exigences et caractéristiques immobilières de notre siècle. Il s’agit pourtant d’une véritable identité patrimoniale à préserver.

 

 

Lors de vos prochaines vacances ou excursions dans cette si belle région de la France, n’hésitez pas à vous attarder sur ces maisons et à les capturer en photos l’espace d’un instant !


 
 

Photographies :

 
  • Maisons basques ©guidehachettetourisme

  • Echoppes bordelaises ©mahieinthesky / mariebousquet / bordeauxconfidentiel

  • Maisons arcachonnaises ©pylaimmobilier / arsfrance / dugoua rémy

  • La maison landaise ©monster1000 / architectes-bordeaux / tourisme-landes

  • Maisons basques ©rustica.fr /en-pays-basque / propriétés-le-figaro

  • Maison capcazalière ©wikipédia – Ghislain118