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Le repos du pirate

Publié par Lison Boulain le 18/05/2021,

 

À l’abordage moussaillon ! Entre le 17e et le 18e siècle, les riches armateurs Malouins construisirent des demeures typiques afin d’y afficher leurs réussites et fuir les murs étriqués et malodorants de la ville de Saint-Malo de Pâques à octobre. Majoritairement construites entre 1680 et 1730, il en reste aujourd’hui 112 dans les alentours de Saint-Malo, principalement toutes situées au Clos Poulet. Ce nom est une altercation de “Pou Alet” qui signifiait le Pays d’Alet, l’arrière pays de Saint-Malo. Ces demeures, on les appelle “les malouinières”, mais aussi familièrement “les vides bouteilles”, miroir d’une ambiance qui devait être sacrément festive !

 

Comment reconnaît-on une malouinière ?

Entre le château et le manoir, la malouinière se reconnaît par quelques grandes caractéristiques. Proche de Saint-Malo, le granite des îles Chausey et le peu d’ornements sur la façade affichent une architecture extérieure austère et militaire similaires aux fortifications de la ville. Comme les châteaux classiques, leurs structures ont une symétrie parfaite. Le toit est haut et les cheminées en pignon défient les lois de l’équilibre. À l’extérieur, on retrouve souvent la présence de pigeonniers et d’un jardin à la française. L’intérieur, cependant, est plus ostentatoire. Bien que la demeure reste austère et s’inspire du modèle du château classique, certains éléments de mobiliers et matériaux nobles (tapisseries et toiles peintes) viennent richement habiller les malouinières. Parmi les butins et trésors récupérés de leurs nombreuses courses maritimes, on retrouve souvent des meubles en acajou, de la vaisselle de Chine et des objets exotiques. Le grand chic : obtenir de la porcelaine de la compagnie des Indes ! On retrouve quelques éléments rustiques avec des matériaux locaux comme les dalles de Caen et surtout des plafonds ressemblant sensiblement aux plafonds de ferme, loin des châteaux aristocratiques. Et pourquoi ne pas accroître vos connaissances sur les malouinières grâce à la très belle édition de «L’épopée des Malouinières : comme un rêve de pierre, ils bâtirent ces demeures», publié en 2007 par l’historien Gilles Foucqueron et illustré par le peintre de la Marine : Alain Bailhache. Cette aquarelle sur la page de couverture représente la malouinière La Houbarderie. Le propriétaire Jean-Michel Beaudouin, descendant de corsaire, met tout en œuvre pour recréer l’ambiance qui régnait au 17e et 18e siècle. La Houbarderie vous accueille pour des visites et évènements. Rien de mieux qu’un voyage temporel pour commencer la saison !

 

Mais au fait, qui étaient les armateurs ?

Les premiers armateurs sont des commerçants qui font surtout du colportage au moyen d’un navire leur appartenant. Ce qu’on appelle les navires corsaires, ce sont les navires armés en course par des particuliers avec une lettre de marque. Le mot désigne aussi le capitaine du bateau. Allez demander aux Malouins des noms de corsaires ; soyez sûr qu’ils vous citeront Robert Surcouf (1773-1827), un corsaire légendaire. Également, l’armateur René Duguay Trouin (1673 – 1736) devenu capitaine de la marine royale.

Vous souhaitez en découvrir plus sur l’Histoire de la Cité Corsaire ?

Alma Heritage vous conseille quelques activités pendant la saison estivale :

Venez découvrir l’Histoire du Fort National sur la plage du sillon lors d’une visite guidée d’environ 35 minutes. Dans ce vaste monument de granite datant de trois siècles, vous pourrez découvrir les nombreux événements dont le Fort a été témoin. Il y a fort à parier que vous entendrez parler de notre cher Robert Surcouf… Mais nous n’en dirons pas plus ! Comme de vrais pirates, prenez soin de regarder les horaires des marées. En effet, le Fort National est accessible seulement à marée basse. Levez les yeux et si vous apercevez le drapeau français hissé en haut du mât sur le monument historique, cela signifie que le lieu est ouvert au public.

Tarifs : Adulte: 5 euros – Enfant ( 6 – 16 ans): 3 euros

Tarif groupes à partir de 10 personnes: 4 euros/pers.

Le texte de la visite est mis à disposition des visiteurs étrangers dans les langues suivantes: anglais, allemand, néerlandais, italien et espagnol.

Plus d’information sur : https://www.fortnational.com/

Visite d’une demeure de Corsaire : proche de la porte Saint-Louis dans la ville intra-muros, venez découvrir le temps d’une visite commentée, l’Hôtel Magon, une ancienne demeure de corsaires illustres. Plongez-vous au cœur de l’Histoire malouine du 17e au 21e siècle.

Plus d’information sur : http://demeure-de-corsaire.com/

Croisière à bord d’un bateau corsaire : Le Renard : n’avez-vous jamais rêvé de vous prendre pour de vrais pirates ? Ici, c’est possible ! Partez pour quelques heures à bord du Cotre Corsaire de 30 mètres, réplique d’un voilier de légende du dernier navire armé en 1812 par le corsaire Robert Surcouf. En tant que vrais moussaillons, vous assisterez les marins pour la mise en place des voiles. Moins fatiguant qu’une vie de pirate, vous aurez même la possibilité de déguster un cocktail au coucher du soleil en sillonnant les forts de l’incontournable Vauban.

 

Tarifs :

Balade matin ou après-midi : Adulte: 37 euros Enfant : 22 euros

Journée entière (10h-17h) avec déjeuner : Adulte: 95 euros Enfant : 60 euros

Soir avec cocktail : Tarif unique : 70 euros

Plus d’information sur : Le Renard – Etoile Marine Croisières (etoile-marine.com)

 


Photographies:

Dans l’ordre d’apparition :

  • Malouinière de la Chipaudière @chipaudière.com
  • Malouinière du Bos @Ouest-France.fr
  • Malouinière de la Ville-Bague @Niah777
  • Portraits Robert Surcourf et René Duguay Trouin @wikipedia.org
  • Fort National de Saint-Malo @hotel-chateaubriand-st-malo.com
  • Salon demeure de corsaire @Tripadvisor.fr
  • Le Renard @etoile-marine.com